Promesse de campagne de François Hollande, le retour à la retraite à 60 ans vient de faire l'objet d'un décret examiné mercredi 6 juin en Conseil des ministres. Ce texte entrera en vigueur le 1er novembre prochain. Il prévoit que les personnes ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant entre 41 et 41,5 années de cotisations pourront cesser de travailler à 60 ans, sans attendre les 62 ans prévus par la réforme des retraites de 2010. Un bonus est aussi accordé aux mères et aux chômeurs !

Plus de 100 000 personnes concernées par an

Le dispositif "carrières longues " créé en 2003 permet à ceux qui ont commencer à travailler jeune de partir en retraite à 60 ans. Durci par la réforme des retraites de Sarkozy, il va être assoupli à partir de la fin de l'année pour l'ensemble des régimes du privé et du public.

Le principal assouplissement consiste à élargir les conditions d’âge du dispositif. Désormais, le départ dès 60 ans sera permis aux personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans. Il suffira en effet d'avoir cotisé cinq trimestres avant l’année civile de ses 20 ans, et non avant ses 18 ans comme c'est le cas actuellement. Autre changement notable, les personnes concernées devront avoir cotisé la durée requise pour avoir droit au taux plein (41 ans pour ceux nés en 1952) pour partir à 60 ans. Aujourd'hui, ils doivent avoir validé jusqu'à 8 trimestres (deux ans) de plus !

Cette extension du dispositif devrait permettre à quelques 110 000 personnes de partir plus tôt chaque année, contre moins de 40 000 actuellement. Le ministère du travail donne ainsi l’exemple d'une personne née en 1953 ayant effectuée une carrière longue : actuellement, elle doit attendre le 1er juillet 2015 pour liquider sa retraite ; avec le nouveau dispositif, elle pourra partir un an plus tôt.

Coup de pouce aux mères de famille et aux chômeurs

Pour le calcul de la durée cotisée, le pouvoirs publics ont décidé que certains trimestres non travaillées pourront être pris en compte. Les périodes de chômage pourront ainsi être comptabilisées pour deux trimestres, et les périodes de maternité pour deux trimestres supplémentaires.

Jusque-là, seul un maximum de quatre trimestres de service national et de quatre trimestres de congés maternité ou maladie ou accidents du travail étaient tolérés. Autrement dit, les mères de famille, qui sortaient facilement du public éligible dès lors qu’elles avaient plus de deux enfants, seront un peu moins pénalisées. De même, ceux dont la carrière a été entrecoupées de périodes sans emploi pourront plus facilement faire valoir leurs à la retraite à 60 ans !